L’impérialisme au XXIe siècle ne se limite pas à la politique d’un État dominant. Il correspond au stade monopoliste avancé du capitalisme, caractérisé par la concentration extrême du capital, l’alliance des monopoles industriels et financiers, et la compétition mondiale pour le contrôle des marchés, des matières premières, des routes stratégiques et des zones d’influence. Les États-Unis, l’Union européenne, la Russie et la Chine constituent les principaux pôles de ce système, mais chacun agit en fonction des intérêts de ses monopoles nationaux. Dans ce contexte, le « droit international » n’est jamais neutre : il sert à légitimer l’exploitation, les interventions militaires et la domination économique, tout en masquant la réalité des conflits de classes à l’échelle mondiale.
Le naufrage des illusions révisionnistes
Après les contre-révolutions de 1989-1991 et la restauration du capitalisme en Europe de l’Est et en URSS, la bourgeoisie et ses alliés sociaux-démocrates ont diffusé l’idée d’un monde « pacifié », de prospérité et de modernité universelle. Des concepts tels que « mondialisation harmonieuse », « démocratie internationale » ou « développement pour tous » ont remplacé les termes de « lutte des classes » et d’« affrontement impérialiste ». Ce glissement idéologique a servi à masquer les contradictions fondamentales du capitalisme et à faire oublier que la crise structurelle du système, accumulation de capital, surproduction, dette et inégalités continuerait à produire guerres, violences et désastres humanitaires.
La réalité du terrain : Un sillage de sang
· Europe : La guerre en Ukraine illustre l’affrontement direct entre blocs impérialistes : d’un côté l’OTAN et l’UE, de l’autre la Russie capitaliste. Les populations civiles paient le prix fort de cette confrontation, qui n’est pas un simple conflit régional mais un exemple de la lutte pour le contrôle des marchés, des ressources énergétiques et des voies de transport stratégiques.
· Moyen-Orient : L’occupation et l’agression israéliennes contre le peuple palestinien, les conflits au Liban, en Syrie et au Yémen, ainsi que les interventions de puissances impérialistes régionales et mondiales, traduisent les rivalités économiques et géopolitiques dans une région stratégique pour l’énergie et le commerce.
· Afrique : La tragédie du Soudan, mais aussi les crises au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, mettent en lumière la concurrence des puissances impérialistes pour les ressources naturelles et l’accès aux routes commerciales.
· Histoire récente : Les interventions militaires en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et en Libye démontrent que ces logiques ne sont pas nouvelles, mais qu’elles s’inscrivent dans la continuité d’un capitalisme mondial en crise.
· Autres zones : L'agression contre le Venezuela, les sanctions et blocus contre Cuba, les tensions avec l’Iran et les débats autour du Groenland ne reflètent pas seulement les ambitions américaines. Elles sont l’expression de la concurrence inter-impérialiste globale, où toutes les grandes puissances cherchent à préserver ou accroître leur hégémonie.
Militarisation et dérive fasciste
La compétition impérialiste s’accompagne d’une militarisation massive. Les dépenses militaires des pays de l’UE, souvent sous tutelle de l’OTAN, sont détournées des besoins sociaux essentiels des travailleurs, des paysans et des jeunes. Parallèlement, la bourgeoisie favorise la montée de mouvements d’extrême droite et le renforcement de l’anticommunisme institutionnel, afin de détourner la colère populaire et de criminaliser toute alternative révolutionnaire. L’interdiction de partis communistes dans certains pays européens et baltes en est une illustration directe.
Le spectre de l’apocalypse nucléaire
La compétition pour la domination mondiale entraîne un danger concret d’escalade nucléaire. Les interventions militaires autour de sites stratégiques et les menaces permanentes montrent que le seuil de l’irréparable devient chaque jour plus fragile. Ces risques ne sont pas des accidents isolés : ils découlent directement de la logique impérialiste, qui place les intérêts des monopoles et des alliances impérialistes au-dessus de la vie des peuples.
La voie révolutionnaire : riposte et indépendance de classe
La seule issue à cette logique destructrice réside dans la lutte indépendante de la classe ouvrière et des peuples, fondée sur la solidarité internationale et le rejet de tout alignement sur les blocs impérialistes concurrents. Cela implique le renversement du pouvoir des monopoles et la construction d’une société socialiste, où la production et les ressources sont organisées pour satisfaire les besoins des populations et non pour accroître le profit.
Seule une telle perspective permettra de mettre un terme définitif aux guerres, aux crises et à l’oppression générées par le capitalisme monopoliste, ouvrant la voie à un monde fondé sur la paix et la justice sociale.
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