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Le lien

PADS, Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Pour la retraite après 32 ans de travail; Renforcer l’organisation et la lutte des travailleurs

Publié le 19 Mai 2026 par Lien-pads

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme (PADS) réaffirme son soutien à la revendication des travailleurs pour le rétablissement du droit à la retraite après 32 années de travail effectif, sans condition d’âge.

Les travailleurs algériens produisent les richesses du pays dans les usines, les administrations, les services, les laboratoires, les transports, les hôpitaux, les chantiers et les exploitations agricoles. Pourtant, ils subissent de plein fouet les conséquences des politiques économiques menées au profit des grands groupes privés, des importateurs et des couches bourgeoises parasitaires liées au capital.

Dans un contexte marqué par la dégradation continue des conditions sociales, la hausse du coût de la vie, la précarisation de l’emploi et l’affaiblissement des acquis sociaux, la revendication du rétablissement de la retraite après 32 années de travail effectif exprime une aspiration légitime des travailleurs à défendre leur dignité et leurs droits. Cette revendication ne peut être réduite à une simple question administrative ou technique liée à l’âge du départ à la retraite. Elle renvoie plus profondément aux choix économiques et politiques imposés depuis des décennies au service des intérêts du capital et des classes dominantes.

Comprendre les enjeux actuels de cette question nécessite ainsi de replacer cette revendication dans son évolution historique et dans le cadre plus large des politiques libérales qui ont profondément transformé les rapports sociaux et les conditions de vie des travailleurs.

Le rétablissement de la retraite après 32 années de travail doit également être replacé dans son contexte historique. Les dispositifs de retraite sans condition d’âge et de retraite proportionnelle ont été instaurés durant la période du programme d’ajustement structurel imposé sous la domination des politiques libérales et des intérêts du capital. Ils visaient principalement à gérer les conséquences sociales des restructurations économiques, des privatisations et du démantèlement d’une partie du secteur public national. Des centaines de milliers de travailleurs ont payé le prix de ces politiques par les licenciements, les fermetures d’entreprises et les compressions massives. La bourgeoisie au pouvoir a utilisé ces dispositifs pour accompagner la destruction d’emplois et désamorcer la colère sociale provoquée par l’offensive contre les acquis des travailleurs.

Il est important que les travailleurs tirent les leçons de cette expérience historique. La retraite après 32 ans n’a jamais constitué un « cadeau social » accordé par bonté aux travailleurs. Durant toute une période, ce dispositif a été utilisé par la bourgeoisie comme un instrument au service de ses propres intérêts économiques et politiques, afin de gérer les restructurations imposées par les politiques libérales et de limiter les réactions sociales face aux licenciements massifs et aux fermetures d’entreprises.

Mais lorsque ce même dispositif a commencé à être considéré comme contraire aux intérêts du capital et aux exigences de rentabilité de la bourgeoisie, le pouvoir l’a supprimé sans hésitation. La suppression de la retraite après 32 ans de travail, entrée en vigueur le 1er janvier 2017, démontre clairement que, dans le système actuel, les acquis sociaux restent toujours fragiles tant que les travailleurs ne disposent pas d’un rapport de force organisé et indépendant. Ce recul social reflète également la faiblesse du mouvement ouvrier organisé ainsi que la dépendance des directions syndicales vis-à-vis du pouvoir et des intérêts de la bourgeoisie.

Les droits des travailleurs ne peuvent dépendre du bon vouloir des classes dominantes. La bourgeoisie peut concéder certains acquis lorsqu’ils servent momentanément ses intérêts, puis les remettre en cause dès qu’ils deviennent incompatibles avec l’accumulation des profits. Cette réalité confirme la nature de classe de l’État et du pouvoir, soumis avant tout aux intérêts du capital.

La question de la retraite après 32 ans de travail ne concerne pas seulement l’âge du départ à la retraite. Elle pose plus largement la question des conditions de travail, de la santé des travailleurs et du droit à une vie digne après des décennies de labeur.

Alors que de nombreux travailleurs sont usés physiquement avant même l’âge légal de départ à la retraite, les politiques actuelles prolongent toujours davantage la durée du travail au nom des équilibres financiers et des intérêts des classes dominantes.

Le PADS revendique :

  • La révision de la législation sur les retraites afin d’assurer une indexation réelle des pensions sur l’évolution du coût de la vie et du pouvoir d’achat ;
  • À l’unification des différentes caisses de retraite dans un système national unique,

     public et solidaire, garantissant les mêmes droits à tous les travailleurs ;

  • Contre les privilèges accordés aux hauts cadres et aux couches dirigeantes au    

     détriment des travailleurs ;

  • Pour un système de retraite fondé sur l’égalité sociale et la solidarité de classe : pas de retraites à 100 % pour les hauts cadres pendant que les travailleurs subissent des pensions réduites et insuffisantes ;

 

  • L’augmentation des pensions les plus faibles afin de garantir une vie digne aux retraités ;

L’État et les gouvernements successifs servent les intérêts des grandes forces économiques au détriment des besoins populaires. Les travailleurs ne doivent nourrir aucune illusion envers les promesses des partis de gestion du système, ni envers les appareils syndicaux intégrés au pouvoir et à la logique du partenariat social.

La seule voie favorable aux travailleurs est celle de l’organisation indépendante, de l’unité de classe et de la lutte collective.

Le PADS appelle :

  • Au renforcement de l’organisation des travailleurs dans tous les lieux de travail ;
  • Au développement d’un mouvement syndical de classe, combatif et indépendant du patronat et de l’État ;
  • À l’unité des travailleurs du secteur public et du secteur privé, des chômeurs et de la jeunesse populaire ;
  • Au renforcement de la conscience politique et de classe des travailleurs.

La lutte pour la retraite après 32 ans s’inscrit dans le combat général contre le chômage, la précarité, les bas salaires et l’exploitation capitaliste.

Ces problèmes ont une même origine : un système économique fondé sur le profit d’une minorité au détriment des besoins de la majorité laborieuse.

Les revendications immédiates des travailleurs doivent être liées à une perspective politique de rupture avec le pouvoir du capital et de construction d’une société socialiste, fondée sur la propriété sociale des grandes richesses, la planification de l’économie et la satisfaction des besoins populaires.

Plus que jamais, il est nécessaire d’œuvrer à l’édification de véritables syndicats de classe combatifs, construits par les travailleurs les plus conscients des enjeux de la lutte de classe. Des syndicats réellement indépendants du patronat, de l’État, de l’idéologie de la bourgeoisie et des influences opportunistes petites-bourgeoises. Des organisations capables de défendre conséquemment les intérêts matériels et politiques des travailleurs, et de préparer les conditions d’un véritable rapport de force face au capital.

La force des travailleurs réside dans leur organisation de classe, leur unité, leur conscience politique et leur participation active à la lutte.

Pour la retraite après 32 ans de travail !
Pour l’organisation indépendante des travailleurs !
Pour des syndicats de classe combatifs et indépendants !
Pour le pouvoir des travailleurs et le socialisme !

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme
Alger, le 19/05/2026

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